Le Nekoblogue activiste:
Samedi 28 mai 2005
Les peuples d'Europe sont ils prêts pour l'Europe politique ?

Voici une question déterminante, au sujet de laquelle j'ai assez peu entendu débattre ces derniers temps. Une raison pour ça est qu'à mon avis, quiconque pose sérieusement cette question est rapidement taxé d'anti-Européanisme. Tant pis je prends le risque !

Il faut être lucide, un ensemble géographique ne peut être politiquement rassemblé dans une démocratie que s'il y a une certaine convergence des opinions. Prenons un sujet politique typique aujourd'hui en France, on trouve certes des légères différences d'une région à l'autre, mais rien de nature à déclencher une guerre civile. En revanche je ne suis pas sûr que les divers pays de l'Union Européenne aspirent (pour l'instant) à un modèle politique et social commun.

Les aspirations des Britanniques, des Grecs, des Français et des Lettons sont elles comparables ? Y-a-t-il en Europe une convergence d'opinion suffisante pour qu'on se réunisse dans un espace politique commun ? Je pense que non. Je pense que vouloir l'Europe politique aujourd'hui est (malheureusement) prématuré.

J'avancerai deux raisons (parmi tant d'autres) à celà :

- la différence de langue fait qu'on n'a pas encore de presse commune, ce qui ne facilite pas la convergence des opinions

- en privilégiant l'élargissement géographique à l'élargissement fonctionnel, on a méncaniquement rendu plus difficile la construction de l'Europe politique.

Cette vision est elle un argument en faveur du "non" ?

C'est en partie le cas, mais ça n'empèche pas de dire qu'il vaut mieux se lancer dans un truc bancale qui va très mal marcher au début, que de ne rien faire. C'est une position qui se défend.

Je terminerai par une citation de M.Rocard, défenseur du oui : "Je suis pour l'entrée de la Turquie dans l'UE car je ne crois plus à l'Europe politique".




Samedi 28 mai 2005
Constitution ou traité ?

Au début des débats sur ce texte, j'étais assez sensible à l'argument qui dit qu'une constitution devrait faire 20 pages, et présenter uniquement les institutions et leur fonctionnement, et pas des politiques à suivre.

Avec le recul, j'ai admis le fait que la construction européenne était d'un point de vue juridique une entité suffisament particulière (et unique dans l'histoire) pour qu'on ne puisse pas lui appliquer les comparaisons avec les textes constitutionnels habituels. On ne créé ni un nouvel état (comme la France), ni une fédération d'état (comme les USA), et on ne peut donc pas demander qu'un texte fondateur de l'Union Européenne soit sur le même modèle que les autres textes constitutionnels.

Il est vrai que l'intégration européenne s'est d'abord faite de manière "fonctionnelle" (quelle politique mettre en oeuvre à plusieurs ?) que de manière institutionnelle (avec quel instrument mettre des politiques en oeuvre à plusieurs ?).

Tout ça pour dire que mon choix ne se fera pas sur l'argument qui consiste à critiquer la partie III pour sa forme (une définition des politiques à mettre en oeuvre).Ce texte est un traité international comme les autres. Peut-être n'aurait il pas fallu appeler ce texte "Constitution", c'est vrai, mais on va mettre ça sur le compte de la mégalo de Giscard !




Samedi 28 mai 2005
Constitution Européenne

Bon donc histoire de reprendre du service, j'ai jusqu'à demain pour formuler une opinion vaguement cohérente sur la Constitution...Ca promet !

 

Merci à Franck de m'avoir rappelé à mes obligations oubliées il y a plus d'un an, le temps passe vite...




Mardi 30 mars 2004
La loi Hue et son abrogation

Le gouvernement Jospin a fait passer en 2001 une loi, dite « Loi Hue », ou plsu officiellement « loi n° 2001-7 du 4 janvier 2001 relative au contrôle des fonds publics accordés aux entreprises ». L’objectif de cette loi était de créer une commission de contrôle chargée de contrôler le devenir des aides que l’Etat verse aux entreprises privées. Le montant total de ces aides est d’environ 45 milliards d’euros. Fin 2002, cette loi a été abrogée par le gouvernement Raffarin.

 

J’ai essayé d’en savoir plus sur cette loi, et de comprendre pour quels arguments (au moins « officiels ») cette loi avait été créée et abrogée. Il est assez facile de trouver sur le net des plaidoyers en faveur de cette loi, surtout depuis sa disparition. Par contre, trouver un argumentaire en faveur de la suppression de cette loi relève d’une mission impossible. Après m’être tapé les rapports parlementaires et autres, les seuls arguments que j’ai trouvés sont dans la transcription des débats du Sénat, et sont du niveau – je cite – « C'est en effet un dispositif stérile et de pur bavardage »  (M. MARINI, rapporteur général) ou bien s’appuient sur le fait que comme c’est une loi de R.Hue, il faut nécessairement la supprimer.

 

C’est quand même dingue qu’on réclame à corps et à cri de meilleurs dispositifs de contrôle des dépenses des organismes publics (à juste titre) et qu’à côté de ça on supprime une loi qui permet de surveiller un peu ce que font les entreprises avec les fonds qu’on leur donne gracieusement. Il est facile de trouver sur le Net le texte exact de la loi à l’époque, c’est quand même pas le Soviet Suprem, faut pas exagérer !




Mardi 30 mars 2004
Interdiction du bromure de méthyl

Lu dans Libération du 29 mars 2004  « Le bromure de méthyl a la vie dure ».

 

12 pays industrialisés (France, R-U, Italie, Espagne, Japon, USA…) viennent d’envoyer valser l’interdiction  d’utiliser du bromure de méthyl. Cette interdiction figurant dans le protocole de Montreal devait prendre effet à partir de 2005 pour les pays riches (2015 pour les pays en développement). Le bromure de méthyl sert comme insecticide dans le domaine agricole, et détruit la couche d’ozone 60 fois plus que le chlore.


Samedi 27 mars 2004
La production électrique en France : pollution, nucléaire et énergies renouvelables

Parmis les secteurs de production d'énergie, il est interessant de se concentrer sur le cas de l'électricité. En effet elle représente 50% de la consommation énergétique française et elle se trouve au coeur du débat écologique.

En France, la production électrique se trouve environ pour :
 - 77% nucléaire
 - 13% hydraulique
 - 7% thermique (pétrole, charbon, gaz)

A titre de comparaison, les chiffres mondiaux sont
 - 17% nucléaire
 - 19% hydraulique & autres
 - 64% thermique

Il faut bien comprendre qu'au jour d'aujourd'hui, "sortir du nucléaire" signifie à court terme (20 ans) "revenir dans le thermique". On peut donc clairement se demander quelle position est finalement la plus écologique. A titre d'exemple, l'Allemagne
a effectivement décidé d'un plan de sortie du nucléaire dans les 20 prochaines années, mais qui passe nécessairement par un retour à l'énergie thermique, productrice de gaz à effet de serre.

Quelle est la part possible des énergies renouvelables ? En France aujourd'hui, le gisement hyrdraulique est totalement exploité, plus rien à attendre de ce côté là. Il nous reste principalement l'éolien et le solaire. A l'heure actuelle, le parc éolien produit 130MW de puissance, le parc photovoltaique (solaire) produit 17 MW.


Une tranche nucléaire (il y en a 224 en France) produit aux alentours de 1000MW. Donc pour l'instant, ces deux modes d'énergie sont totalement sous-exploités. Sont-ils des alternatives crédibles à court/long terme ?

A court terme il me semble qu'il est totalement inenvisageable de remplacer le parc nucléaire par de l'éolien ou du photovoltaique. Le photovoltaique est pour l'instant toujours très cher et avec un faible rendement. L'éolien  implique de repenser totalement l'aménagement du territoire.

Pour remplacer une tranche nucléaire de 1000MW, il faudrait choisir entre :

- 3500 éoliennes de 70m de diamètre et 100m de hauteur
- 100 km^2 de panneaux solaires
- bruler 2 millions de tonnes de pétrole par an

A l'heure actuelle et d'un point de vue strictement pragmatique, il n'existe pas d'option à court terme qui permette d'éviter le nucléaire ET la pollution par effet de serre. Il s'agit donc d'un choix de société entre les deux.

Quant aux énergies renouvelables, elles existent mais sont à l'heure actuelle inutilisables à grande échelle et impliquent encore un important effort de recherche (réduction bruit pour les éoliennes, rendement et stockage pour le photovoltaique).
En tout état de cause, sortir du nucléaire et du thermique implique nécessairement
une violente réduction de la consommation d'électricité.

Une réf sur le photovoltaique

(Note : j'ai entendu une fois qu'à l'heure actuelle, la production d'une pile photovoltaique pollue plus que ce qu'elle permet d'éviter en pollution thermique. Je n'ai rien trouvé de clair sur ce sujet. La pile contient éventuellement des substances polluantes, mais qui ne doivent en principe pas s'échapper...)




Samedi 27 mars 2004
Consommation d'énergie et pollution

Quelques faits numériques tirés d'un rapport sur les chiffres de l'énergie en France, disponible sur le site du ministère de l'Industrie.

La France est responsable de 1,5% des émissions de CO2 mondiales dues à l'énergie.

La consommation d'énergie en France se repartit en gros en
 - 1/4 pour l'industrie,
 - 1/4 pour les transports 
 - 1/2 pour le résidentiel (dans lequel on exclut aussi le secteur tertiaire).

Les énergies consommées sont en gros 50% d'énergie électrique et 50% d'énergie thermique (gaz, pétrole, charbon).

L'énergie électrique est consommée à 35% par l'industrie et à 65% par le résidentiel.

Ces statistiques montrent une chose important à mon avis : il existe une pollution due à la consommation d'énergie, et la réduction de cette pollution est ensentiellement entre les mains des citoyens. En effet entre le résidentiel et le transport privé, ils sont responsables de plus de la moitié de la consommation d'énergie.

Les discussions sur le protocole de Kyoto se sont essentiellement focalisées sur la responsabilité des industries dans les émissions de gaz à effet de serre. Mais ces chiffres montrent à mon avis qu'au moins en France, nous avons tous notre part de responsabilité, et surtout les moyens d'agir : moins utiliser la voiture, moins consommer d'électricité. Nous avons tous la possibilité quotidienne d'y participer.




Mercredi 24 mars 2004
Gaullisme

" Le marché, il a du bon. Il oblige les gens à se
dégourdir, il donne une prime aux meilleurs, il encourage à dépasser
les autres et à se dépasser soi-même. Mais en même temps, il
fabrique des injustices, il installe des monopoles, il favorise les
tricheurs. Alors, ne soyez pas aveugle en face du marché. Il ne faut pas
s'imaginer qu'il règlera tout seul tous les problèmes.
Le marché n'est pas au-dessus de la nation et de l'Etat. C'est la
nation, l'Etat qui doivent surplomber le marché.
Si le marché règnait en maître, ce sont les américains qui
règneraient en maître sur lui : ce sont les multi-nationales, qui ne
sont pas plus multi-nationales que l'OTAN. Tout ça n'est qu'un
simple camouflage de l'hégémonie américaine.
Si nous suivions le marché les yeux fermés, nous nous ferions
coliniser par les américains. Nous n'existerions plus, nous
européens."

Propos du Général De Gaulle à Alain Peyrefitte, en tête
à tête après le conseil des Ministres, le 12 décembre 1962

Les supposés gaullistes qui nous gouvernent devraient méditer ça !




Mercredi 24 mars 2004
Les Français ont regardé la télé 3h22 par jour en 2003

Je crois que l'info se passe de commentaires...

http://fr.news.yahoo.com/040324/202/3ppwu.html




Mardi 23 mars 2004
Elections

Alors à la louche :

Extrême gauche : 5%

Extrême droite : 17%

Gauche : 40%

Droite : 34%

Le reste : quelques %

Et on considère que c'est la branlée pour la droite et la renaissance à gauche...Je me permets de remarquer que les extrèmes sont stables, et que la nouveauté dans ce scrutin, c'est que 5% des électeurs ont changé de camp...Est-ce qu'avec droite 39 % et gauche 35% on aurait considéré que c'était le triomphe de la droite et l'enterrement de la gauche ???

Tout ça pour dire qu'on s'excite sur pas grand chose, et que les politiques fondent leurs changement de stratégie (à droite) et leurs espoirs (à gauche) sur 5% de population qui ont changé leur avis. En plus avec le quinquennat, c'est pire qu'avant puisqu'on est en permanence en échéance électorale...

Enfin pour moi la grosse leçon c'est que l'extrême-droite est toujours aussi haute malgré l'effet Sarkozy. 

Finalement je vais peut être voter à droite au deuxième tour, parce que si la gauche gagne elle va croire que c'est bon pour elle, et elle va une fois de plus passer à côté de sa nécessaire autocritique, et on va se retaper les mêmes éléphants en 2007. 

 




Lundi 5 janvier 2004
Le port d'une voile n'est pas une question de religion

Je pense que la question du port du voile qui préoccupe nos politiques en ce moment n'est pas une question religieuse. C'est pour ça à mon avis que ceux qui nous gouvernent s'exposent à pas mal de problèmes en essayant d'aborder cette question à travers le thème religion/laïcité.

Pour expliquer un peu mon propos : qu'est-ce qui motive les politiques et l'opinion publique contre le port du voile ? Est-ce vraiment que ce soit un objet qui renseigne immédiatement sur la religion de quelqu'un ? Je ne pense pas car les autres signes religieux (croix ou kippas par exemple) ne posent aucun problème à personne. Est-ce que le port du voile peut être considéré comme du prosélytisme ? Pas plus à mon avis. Au maximum c'est un signe qui dit "Je suis musulmane", pas "Convertissez vous".

Ce qui pose problème à ceux qui veulent interdire le voile, ce n'est pas que ce soit un signe religieux, c'est que ces gens pensent (à tort ou à raison) que c'est un symbole d'oppression pour les femmes qui le portent. Ca n'a rien à voir avec de la religion et ces gens penseraient la même chose si le port du voile était une coutume culturelle indépendante de la religion.

Du coup le gouvernement s'expose à pas mal de problèmes s'il essaye de légiférer sur le terrain de la laïcité. Ca résout mal la question et nos politiques vont se mettre à dos tous les cultes en faisant une loi de laicité. A moins qu'ils fassent une loi explicitement sur le foulard islamique, et là on court à la catastrophe car ca sera considéré comme une discrimination.




Vendredi 7 novembre 2003
Travaillons un jour de plus pour aider les vieux

Ben voyons ! Et dire que des gens y croient !!! Bon donc je rappelle le principe, on travaille un jour de plus (à salaire identique), du coup on crée plus de richesses, donc l'entreprise gagne plus, et on la taxe un peu plus pour mettre ces sous dans les poches de l'état, ce qui permet d'aider les vieux...

Outre la sempiternelle absurdité : je reprends par derrière ce que je donne par devant, un tel raisonnement est économiquement stupide et ca serait bien que les gens s'en rendent compte.

Donc allons-y, imaginons par exemple une usine de crayons, avec 1000 employés, et qui pendant 200 jours par an produit un crayon par jour et par employé, soit 200.000 crayons par ans. Soudain Raffarin dit "Travaillons un jour de plus", pas de problèmes, du coup on se retrouve à produire 201.000 crayons...Le seul souci c'est que la DEMANDE en crayons, elle, ne change pas ! Donc deux solutions : 

1°) l'entreprise ne change rien, produit ses 201.000 crayons et n'en vend que 200.000, donc ne gagne pas un kopeck de plus, sauf qu'elle se fait taxer à 0,3% par Raffarin, et donc elle perd du fric ce qui me parait assez contraire à la logique du truc.

2°) l'entreprise comprend la situation n°1, et donc décide de ramener sa production à 200.000 crayons, comment ? en virant 5 employés (faites le calcul) ! Du coup elle sauve un peu d'argent ce qui permet de payer la taxe...

Et comme les chefs d'entreprises ne sont pas idiots (et peut-être même me lisent !), c'est évident qu'il choisiront la solution n°2, s'ils le peuvent.

Moralité, le gouvernement essaye de nous faire croire qu'en travaillant plus on va aider les vieux, mais le fait est qu'on va aider les vieux en sacrifiant de nouveau gens au chômage...Donc plutot que de produire plus de richesses, on ferait mieux de décréter le lundi de pentecote "Jour où on rend visite à nos aïeuls" et on leur ferait des gateaux au chocolat en causant au coin du feu, je suis sur que ca nous ferait tous du bien.

 

 




Vendredi 31 octobre 2003
Ce programme va être momentanément arrêté car il a effectué une opération non-conforme

Je suis en ce moment en large pause dans mes réflexions pour cause de vie professionelle agitée et de vie sentimentale trépidante...

Merci quand même à mes 2-3 lecteurs/visiteurs...J'ai bon espoir de m'y remettre dans 2/3 semaines !

A bientôt !




Vendredi 3 octobre 2003
Le danger de l'AGCS

Je voudrais revenir rapidement sur le cas de l'Accords Général sur le Commerce des Services (AGCS). Comme je l'expliquait dans mon texte du 25 septembre, il y a essentiellement trois axes de critique de cet accord. Le premier est que ça va nous faire encore plus de libéralisme, le second qu'une fois l'accord signé, il est difficile d'en sortir, troisièmement que l'accord interdit aux pays de légiférer d'une manière qui restreindrait le commerce libre-échangiste des services. C'est sur ce troisième point que je voudrais revenir.

Le texte de l'AGCS contient un article (VI.4) qui dit en gros que les pays ne doivent pas réglementer (et donc freiner la fourniture des services) plus que nécessaire. Prenons un exemple concret, si un gouvernement fait une loi pour dire "Maintenant les opérateurs téléphoniques sont obligés de ne fournir que des communications en dolby stereo digital surround 128Khz", les opérateurs téléphonique ont le droit d'attaquer le gouvernement en disant que c'est une loi qui restreint plus que nécessaire le commerce du service téléphonique et qu'on peut très bien téléphoner sans avoir un son digne des meilleurs studios d'enregistrement.

Autre exemple, si un gouvernement fait une loi pour dire que les compagnies de distribution d'eau doivent avoir moins de 100 microgrammes par litre de plomb vu que ça file le saturnisme, les compagnies peuvent attaquer le gouvernement.

Bien entendu, c'est le tribunal de l'OMC qui est censé statuer les cas de ce genre. D'après les défenseurs de l'AGCS, ce tribunal sera bien entendu constitué de gens raisonnables qui donneront raison aux compagnies dans le cas 1 mais pas dans le cas 2. Le problème est que malgré tout la possibilité existe que des entreprises privées attaque un gouvernement pour le forcer à retirer une de ses lois.

Le texte de l'OMC défendant l'AGCS argumentait que le danger était quand même négligeable, vu que le cas ne s'était jamais présenté alors que l'AGCS existe depuis 1995. Seulement j'ai été amené à reconsidérer ça pour deux raisons. La première c'est que l'AGCS a bien été signé en 1995, mais vu que les pays n'ont pas donné leurs listes (voir mon texte précédent pour l'explication de ça), il n'est pour l'instant d'aucune utilité : c'est donc évident qu'il n'y a jamais eu de procès de ce genre depuis 1995 puisque l'accord n'est pas opérationnel ! Bel exemple de manipulation. Second point, il est interessant de considérer les cas similaires pour l'ALENA.

L'ALENA est l'Accord de Libre-Echange Nord-Américain signé entre les USA, le Canada et le Mexique. Il contient une clause similaire à celle de l'AGCS c'est à dire qu'on peut attaquer un gouvernement qui "réglementerait plus que nécessaire". Et il existe plusieurs cas de ce type. Le plus "connu" est le suivant : En 1997, le gouvernement canadien fait passer une loi pour interdire le MMT (methylcyclopentadienyl manganese tricarbonyl !), un additif pour essence décrété dangereux pour la santé à cause de la présence de manganèse (additif d'ailleurs interdit dans les pays européens et certains états des USA). Là le principal producteur de MMT, la compagnie US "Ethyl Corporation" décide d'attaquer le gouvernement canadien au tribunal de l'ALENA pour "loi restreigant le commerce plus que nécessaire". En 1998 et par peur de perdre le procès, le gouvernement canadien retire son interdiction du MMT, verse 13 millions de dollars à Ethyl Corp, et fait une déclaration publique pour dire "Non non, le MMT ne pose aucun danger". Le tribunal de l'ALENA opérant à huis-clos, on ne sait pas vraiment si les risques de perdre justifiaient cette "arrangement à l'amiable" pour éviter le procès. Toujours est-il que le Canada est maintenant un des seul pays du monde où le MMT est autorisé.

Ca n'est pas un cas isolé. Autre exemple dans l'autre sens. L'état de Californie a été attaqué au tribulal de l'ALENA par la compagnie canadienne Methanex pour un cas similaire (loi interdisant l'usage d'un additif jugé dangereux dans l'essence). Ce cas-ci est allé jusqu'au procès mais n'est pas encore statué. Methanex réclame un milliard de dollars. Troisième exemple avec le Mexique cette fois : la compagnie américaine Metalclad a attaqué un état méxicain qui a interdit la construction de centrales de retraitement des déchets sur une zone écologiquement sensible pour les nappes phréatiques. Etc...

Tout ceci montre une chose : les défenseurs de l'AGCS ont beau nous dire que que "Pas de soucis, cette disposition de l'accord sera utilisé raisonablement et n'empechera pas les états de réglementer pour préseerver santé et environnement", le risque existe. D'ailleurs pourquoi cet article de l'AGCS existe-t-il ? Tout ceci m'amène à la conclusion que nous devont tous combattre l'AGCS, partisants du libtre-échangisme ou pas, et ce pour la bonne raison qu'il risque de retirer aux Etats la possibilité de réglementer sur des problèmes aussi cruciaux que la santé et l'environnement. Les cas de l'ALENA le prouvent.




Mercredi 1 octobre 2003
Séïsme électoral et politique politicienne, et nous !

Souvenez vous de la dernière élection présidentielle française...souvenez vous de nos amis les politiques faisant leur pseudo-meaculpa "Regardons nous en face, c'est de notre faute, on a désinteressé les Français de la politique. C'est la faute de notre façon de faire, de débatre, ils faut qu'on change ça blablablah..."

C'est vrai que c'est vraiment pénible, la politique politicienne ! La guerre de communication à coup de petites phrases, de bon mots et d'effets d'annonce. La mauvaise foi façon "Je te critique mais j'aurai fait pareil à ta place" etc...

Le problème c'est que passé la semaine de meaculpa, on est revenu à la situation normale. A part l'ami Jack Lang qui pendant un moment n'a eu de cesse de louer les achèvements de la droite. Bon ok, on a critiqué la mauvaise foi mais point trop n'en faut !

Finalement ce qui me déprime, c'est qu'on ne vaut pas mieux, nous. Alors comment leur demander de ne pas faire comme nous ! C'est vrai, quand on discute, on débat autour d'un verre ou d'une bonne bouffe, sur la politique gouvernementale, la situation en Palestine ou l'influence de la philosophie post-cathare du XVIIeme sur le cinéma égypto-indien d'après guerre. Que celui qui ne débat jamais comme eux leur jette la première pierre, à nos politiques !

Avez vous souvent assisté ou participé à un vrai débat sincère ? Un où les gens échangent avec honneteté et ouverture leurs idées, dans le but de les confronter, pour voir ce qu'il en sortira de meilleur et de nouveau ? Moi j'ai surtout l'impression que nos débats ne valent guère mieux que les leurs en matière de mauvaise foi, de fermeture d'esprit et de recherche futile de l'effet de scène.

J'ai surtout l'image de débats où les gens sont là pour débiter avec force leurs idées, sans écouter celle des autres ou alors pour chercher la petite bête qui leur permettra un effet de scène interessant ou un contre-argument spectaculaire à destination du spectateur. La plupart des débats se finissent et pas un des participants n'a bougé d'un pouce, et tout le monde repart, sur et fier de ses idées. Personne ne dis jamais "Tu as raison, j'ai tort, je me suis trompé et tu m'as convaincu". 




Mardi 30 septembre 2003
L'oligopole de la grande distribution française

Si je souviens bien des préceptes de l'économie libérale, on doit pour que la loi du marché fonctionne atteindre la "concurrence pure et parfaite". Ca signifie "grand nombre d'acheteurs" et "grand nombre de vendeurs". De la sorte personne n'est en position de force et la concurrence opère à plein.

Malheureusement Adam Smith doit se retourner dans sa tombe en voyant le marché de la grande distribution française qui fournit à l'heure actuelle plus de 90% de l'alimentation et une grande partie d'un bon nombre de bien de consommation. La grande distribution est à 93% aux mains d'un cartel de 5 entreprises : Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc-U et Cora-Casino-Monoprix-Prisunic. Une grave situation d'oligopole, donc, qui montre qu'on est bien loin des préceptes libéraux qui sont censés fonder notre société. Appelez ça le néolibéralisme si ca vous chante.

La conséquence grave et que les centrales d'achats se trouvent dans une position de force telle qu'elles font la loi avec leur fournisseurs, notamment la loi des prix. On raconte même que Danone aurait essayé de tenir tête à Leclerc et de se passer de son circuit de distribution.Eh ien même pour cette puissance entreprise agroalimentaire, la loi de la grande distribution a été plus forte, et ils ont du revenir vers Leclerc. Alors imaginez les petits fournisseurs. Lire à ce sujet l'article vachement documenté du Monde Diplomatique (*). Notamment c'est documenté par plein de rapport parlementaires, je dis ça parce que sinon j'en entends déja qui vont dire "Oui mais le Diplo c'est des gauchos, ceci-celà..., blablablah..."

Je me permets de conclure avec une méditation extraite du site d'ATTAC, que je prends aussi pour moi, malheureusement ;-)

"Au pays de José Bové et de Paul Bocuse, on aime fustiger Mac Do, symbole du non goût, normalisé et aseptisé. On s’indigne volontiers, un verre de Coca à la main, des conséquences de la mondialisation néolibérale que nous imposent les transnationales américaines. Puis, dissociant parfaitement le consommateur du citoyen qui sommeille en nous, on se lève comme un seul homme pour aller pousser le chariot dans les travées de ces temples de la consommation que sont nos grandes surfaces préférées. n que sont nos grandes surfaces préférées. "

(*) "Racket dans la grande distribution à la française" C.Jacquiau, Le Monde Diplomatique, décembre 2002




Mardi 30 septembre 2003
L'assurance maladie aux Etats-Unis
Tant que j'y suis : le nombre de personnes aux USA sans assurance maladie a augmenté de 2.4 millions pour atteindre 43.6 millions. Vive le Canada !


Mardi 30 septembre 2003
Le seuil de pauvreté aux USA

La suite de votre feuilleton de l'automne, "La saga des seuils de pauvreté", cf ma chronique du 16 septembre pour le premier épisode sur la pauvreté en France.

Tout celà tombe à pic car le Census Bureau, l'organisme américain qui mesure - entre autres - le seuil de pauvreté vient de publier son rapport annuel. So what ?

Eh bien rien de bien surprenant, ça monte, le taux de pauvreté a augmenté de 0,4% soit 1.7 millions de personnes. Avec bien sur des seuil plus elevé dans les communautés hispaniques et noires. Alors, comment on le calcule celui-là ?

Comme je le disais dans mon texte sur le seuil de pauvreté en France, le calcul est différent. L'idée est de baser le seuil sur les besoins nécessaires des ménages. L'idée utilisée en 1963 lors de sa création était de calculer le prix de la nourriture nécessaire, et de le multiplier par trois, puisqu'il semblait qu'à l'époque les ménages pauves consacraient en moyenne un tiers de leur budget à l'alimentation. Ensuite on a mis ce seuil à jour suivant l'inflation.

Il semble que ce seuil soit maintenant largement hors de propos. Dans un édito du NYT (*) l'auteur met en lumière l'inadéquation du calcul du seuil, et estime qu'il devrait être environ 45% plus haut, donc avec un nombre de ménages sous ce seuil plus elevé.

A titre de comparaison avec le seuil français (bien que je le répète les modes de calcul soient complètement différents). Pour une famille avec deux enfants, 18244 $ par an, soit environ 1520 $ par mois, et à la louche autant d'euros. C'était 1125€ pour la France, mais les prix étant différents, ça ne veut pas dire grand chose  ("Pourquoi est-ce que tu compares ?" diront alors fort pertinemment les plus vifs de nos lecteurs...)

 

(*) "Who's poor ? Don't ask the Census Bureau", J.Bernstein, New York Times, 26/09/2003




Mardi 30 septembre 2003
La reconstruction de l'Irak par les amis de l'administration Bush
Le pire c'est qu'ils s'en vantent. Voire le site de New Bridges Strategies. Une compagnie spécialement créée pour saisir les opportunités commerciales de la reconstruction de l'Irak. Et dans la case "Who are we ?", ils expliquent tranquillement qu'ils sont des amis de Bush et de son administration, qu'ils ont dirigé ou financé sa campagne, etc...


Lundi 29 septembre 2003
La Cancun-cancouillote...

"- La bourse ou la vie ?

- mais ? ni l'un ni l'autre ! et commencez par ranger votre flingue !

- Tant pis...BOUM !"




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